Je sens un léger vent parcourrir mes cheveux lorsque les portières s'ouvrent, regardant par la vitre, le soleil éclarcit mes yeux. La même musique qu'il y a quelques semaines prend enfin une signification aujourd'hui, résonant dans mes oreilles, plus rien autour de moi est assez important pour briser ce moment. Je repense à ces instants, lorsqu'il pose son regard sur moi, que ses lèvres atteignent les miennes, que son parfum devient mon oxygène. Les gens entrent et sortent du bus, qu'importe, seul fait de me remémorer ces souvenirs proches m'interesse. Des frissons me parcourent, alors que je mordille la manche de ma veste, je ne m'en lasserais jamais, je ne serais jamais habituée parce qu'il a le don de toujours plus m'émerveiller alors que je pensais qu'il avait atteint son maximum. Les paupières à présent fermées, je me souviens à quel point c'était impensable quelques jours auparavant.. et à quel point tout ça est devenu si lointain en si peu de temps. À travers mes paupières closes, je distingue le trajet des larmes qui coulent. Ce ne sont que des souvenirs à présent, rien de plus. J'ai fait l'erreur d'y croire un seul instant, peut-être une victoire criée trop tôt. Quoiqu'il en soit, n'avoir rien vu venir, être dans l'incapacité à comprendre m'entraine à me haïr encore plus.